Ouvrir un compte bancaire à l’étranger quand on s’expatrie
Salaire, loyer, abonnement téléphonique : dans la plupart des pays, presque tout passe par un compte bancaire local. Mais pour l’ouvrir, il faut souvent une adresse et des papiers qu’on n’a pas encore en arrivant.
Voici comment organiser ses comptes avant et après le départ, sans se retrouver bloqué.
Faut-il garder son compte français ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Un compte en France reste utile pour les prélèvements qui continuent après le départ, les remboursements d’impôts, les loyers d’un bien mis en location ou simplement les dépenses lors des séjours en France. Le fermer puis en rouvrir un au retour peut se révéler compliqué.
Prévenez votre banque de votre changement de résidence. Certaines banques n’acceptent pas les clients non-résidents dans certains pays, ou appliquent des frais spécifiques. Les résidents fiscaux américains sont particulièrement concernés, car les obligations déclaratives imposées aux banques étrangères conduisent plusieurs établissements à refuser ces clients.
Ouvrir un compte sur place
La difficulté classique est circulaire : la banque demande un justificatif de domicile, le propriétaire demande un compte bancaire local, et l’employeur veut verser le salaire sur un compte du pays. Selon les pays, un numéro d’identification fiscale ou un titre de séjour est aussi exigé avant toute ouverture.
Plusieurs solutions existent pour sortir de cette boucle. Certaines banques internationales permettent d’ouvrir un compte dans le pays de destination avant le départ. Une attestation d’hébergement temporaire ou le contrat de travail suffisent parfois. Et les employeurs habitués à recruter des étrangers connaissent souvent une agence qui facilite les démarches.
À l’arrivée, le premier compte ouvert sert surtout à ouvrir tous les autres.
Les néobanques, une solution de transition
Les banques en ligne et les néobanques proposent des comptes multidevises, ouverts depuis un smartphone, avec des frais de change souvent plus bas que ceux des banques traditionnelles. Elles sont très utiles pendant les premières semaines, pour payer sur place et recevoir de l’argent sans attendre l’ouverture d’un compte local.
Elles ne remplacent pas toujours un compte classique. Certains employeurs ou administrations exigent un IBAN du pays, et dans plusieurs pays hors Europe, un compte local reste indispensable pour le loyer ou les contrats. Considérez-les comme un pont, pas comme une destination.
L’essentiel à préparer avant de partir
Un peu d’organisation avant le départ évite beaucoup de difficultés à l’arrivée. L’idée est de pouvoir payer, recevoir de l’argent et justifier de son identité dès les premiers jours, sans dépendre d’une seule carte ou d’un seul appareil.
- Prévenir sa banque française et vérifier les frais à l’étranger.
- Emporter au moins deux cartes de réseaux différents.
- Ouvrir un compte multidevise en ligne avant le départ.
- Rassembler passeport, contrat de travail et attestation de logement.
- Activer l’authentification bancaire sur un numéro que l’on garde.
Ce dernier point est souvent oublié : si votre banque française valide les paiements par SMS sur un numéro que vous résiliez, vous risquez de ne plus pouvoir accéder à votre compte. Notre forum « Préparer son départ » regorge de retours sur ce genre de détail.
Les obligations fiscales à connaître
Tant que vous êtes résident fiscal français, vous devez déclarer chaque année les comptes ouverts à l’étranger, avec votre déclaration de revenus. L’oubli est sanctionné par une amende. Cette obligation concerne aussi les comptes en ligne et les comptes détenus dans des néobanques étrangères.
Une fois devenu non-résident, cette obligation ne s’applique plus, mais elle revient au retour en France si des comptes étrangers restent ouverts. Pensez-y au moment de rentrer : c’est une erreur fréquente chez les anciens expatriés.
Le cas des crédits en cours
Partir avec un crédit immobilier ou un crédit à la consommation en France ne pose pas de problème en soi, tant que les échéances continuent d’être prélevées sur un compte français approvisionné. Informez votre banque de votre départ : certaines conditions du contrat, notamment l’assurance emprunteur, peuvent être liées à votre situation professionnelle.
Obtenir un nouveau crédit depuis l’étranger est en revanche beaucoup plus difficile. Les banques françaises prêtent rarement à des non-résidents sans revenus en euros, et les banques locales demandent souvent un historique dans le pays. Si un projet immobilier est prévu, mieux vaut le lancer avant le départ ou attendre plusieurs années sur place.
Transférer de l’argent entre pays
Les virements internationaux peuvent coûter cher en frais et surtout en marge de change, souvent peu visible. Pour les transferts réguliers, comme un salaire envoyé en France pour rembourser un crédit, comparer les services spécialisés peut faire économiser des sommes non négligeables sur l’année.
Dans la zone euro, les virements SEPA restent simples et généralement gratuits. Hors zone euro, mieux vaut regarder le taux de change réellement appliqué plutôt que les seuls frais affichés.
